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tous, et chacun avait ses habitudes, sans doute à cause des cadenas qu'ils connaissaient bien à force.
Imaginez un instant : le vendredi soir, fébrilement, en montant de Marseille, vous vous arrêtez à l'Estaque pour acheter cinq ou six douzaines de « piades » que vous aviez préalablement fait réserver, arrivé à la Madrague vous déposiez presque amoureusement dans le vivier les piades achetés en ayant déjà à l'esprit les poissons que vous alliez ramener...
Puis le lendemain matin, généralement avec un ami ou deux, vers cinq heures et demi ou six heures, vous descendiez à la calanque. Tout était prêt, « banaste », palangrottes , hameçons, mouillage du bateau, déjeuner (pain, saucisson, vin rosé) vous vous approchiez du vivier et avec la clé vous ouvriez le cadenas, et là stupéfaction : il ne restait plus que cinq ou six piades, les autres envolées, disparues... Adieu, pêche, déjeuner, poissons!
La colère passée, cela ne nous empêchait pas vers midi de boire le pastis avec celui dont on dirait dans un jury d'assise, que vous aviez l'intime conviction qu'il était « l'escanneur ».
J'ai une pensée émue pour tous ces « escanneurs de piades», aujourd'hui disparus, que je connaissais et que tout le monde connaissait, et si aujourd'hui il en reste un ou deux qui lisent ces quelques lignes qu'ils sachent qu'ils sont pardonnés !

Petit lexique :
Piade : bernard-l'ermite

Banaste: Grand panier. Sens figuré : gros et grand avec exagération.
Escanner : Etouffer, épuiser


Maurice BORSA

« Les escanneurs de piades »


Si aujourd'hui on vole tout, ou à peu près tout, qu'il faille se barricader, s'enfermer, mettre sous clés et à double verrous, et ne rien laisser traîner, j'ai connu un temps, il y a une cinquantaine d'années, ou les seuls vols qui se perpétuaient à la calanque étaient « le vol des piades ».
Ou plutôt on ne les volait pas on les « escannait », c'est différent ! Autant voler est mal, répréhensible et demeure le lot des voyous et des voleurs, autant  « escanner »  c'est emprunter sans le dire à celui à qui on emprunte, en sachant très bien qu'on ne lui rendra rien. C'est plus subtil, plus honorable, et puis si on est pris la main dans le sac, on pourra toujours dire : « Je t'ai pris deux ou trois  piades  (en fait deux douzaines !) et je te les rendrai demain! »
Lorsque j'étais petit et que ma grand mère m'envoyait faire les courses, je ne rendais presque jamais la monnaie et ma grand mère disait : « Mon petit fils m'a encore  « escanné » la monnaie des commissions !».
A cette époque, pour pêcher on utilisait des esches et des « piadons »  pour la pêche du bord et à la soupe, et les piades pour la pêche en bateau des poissons plus gros (pageots, galinettes, etc.)

Vice-présidente de la commission municipale  « Littoral - Assainissement ».

« Je saisis très volontiers l'occasion qui m'est donnée par votre petit calanquais pour adresser quelques mots à vous, habitants des calanques. C'est avec joie et émotion qu'il y a maintenant un peu plus de trois mois, je prenais mes fonctions d'adjointe au littoral. Cette tâche, pas toujours facile, que vous m'avez fait l'honneur de me confier, je l'assumerai avec passion et conviction, sérieux et dévouement. Je suis consciente des espoirs qu'ont suscités pour nombre d'entre vous le changement de municipalité et j'ai d'autant plus envie de transformer cet espoir en réalité. Pour cela, moi-même et tout le conseil municipal allons mettre en œuvre une politique qui saura tenir compte des particularités de nos calanques, assurer leur protection ainsi que leur mise en valeur. Un gros effort sera fait sur le nettoyage et la sécurité, points noirs de ces dernières années. Nos calanques ne doivent pas seulement être belles, il faut également que ses habitants puissent y vivre en harmonie. Il existe une réelle volonté de bien faire de toute notre équipe, nous vous demandons seulement de nous laisser un peu de temps… Paris ne s'est pas fait en un jour! Je tiens à vous réaffirmer ma volonté d'être au plus prêt de vous, et je vous engage à venir me rencontrer à mes permanences du mercredi après-midi pour tout sujet que vous souhaiterez évoquer. Tous mes vœux vont vers une collaboration riche et fructueuse. »

Noëlle MAUNIER

Chaque pêcheur avait sa réserve personnelle, son vivier, fermé par un cadenas gros comme la main, digne des fermetures de coffres de la Société Générale ou de la BNP.  Les serrures des maisons, paradoxalement, étaient plus sommaires!
Jamais il n'y avait effraction : les cadenas étaient délicatement ouverts, et aussi délicatement refermés. Les piades disparaissaient comme par magie!
Il y avait alors ceux qui achetaient les piades et ceux qui les « escannaient ».
Les « escanneurs » étaient connus de

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Mercredi 14h--19h
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