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En
1936, les accords de Matignon, la semaine des 40 heures, les
15 jours de congés payés, les grandes grèves provoquent la
ruée vers de nouveaux espaces (à la mer ou à la montagne).
Il faut sortir
de son quartier pour découvrir des sites inconnus : une révolution!
Sur les quais des gares, de St-Charles à l'Estaque, les gens
attendaient joyeusement le train qui passait toutes les demi-heures.
Tout le monde chantait et s'entassait avec sacs, cannes à
pêche, banastes, et autres accessoires de voyage! Debout et
serrés comme des sardines (un comble pour des pêcheurs!)
ils découvraient, à la sortie du premier tunnel, la mer immense
d'un bleu profond et les rochers blancs surplombant des criques
à l'eau cristalline. Lorsque l'on rentrait dans le second
tunnel, il fallait vite tirer la courroie pour monter la vitre
afin d'éviter la fumée irrespirable de la locomotive.
Ensuès la Redonne : ses pins, ses cigales, son petit port,
ses calanques! A l'horizon, semblant surgir de nulle part,
se dresse le phare du Planier. La Madrague de Gignac, à cette
époque, conservait un aspect naturel : seul un petit chemin
en terre battue permettait d'accéder à la mer. Ce chemin servait
aussi de terrain de boules où s'affrontaient Marcel SCOTTO,
Marius (un bon tireur), Laurent et Fortuné ARRIGO, Zé (le
barman), Loulou, PIED, André PAUL (dit «Dédé»), Honoré AMPHOUX
et le « colonel » CALSON (son bateau, qu'il mit
un an à construire, coula le jour du lancement!). Cette équipe
de bras cassés gueulait à la moindre erreur mais, fort heureusement,
cela se terminait toujours autour d'un pastis bien frais,
siroté à l'ombre des pins!
Les escaliers de la calanque étaient escarpés et l'eau de
pluie passait entre les pierres. A droite du gros treuil et
de quelques petits treuils il y avait un gros rocher, à l'emplacement
actuel de la grue. Dans le petit port étaient amarrés quelques
bettes, une barquette et deux ou trois youyous.
Le 14 juillet, le père ESTACHY organisait des jeux et des
concours de chants pour les enfants. Des guirlandes et des
drapeaux claquaient au vent. Il y avaient des « compétitions »
de natation pour les jeunes et des concours de belote pour
les adultes. Les dimanches, les gens appréciaient les boissons
fraîches
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