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monter
sur un bateau. Certaines routes étaient barrées, avec des
sentinelles qui contrôlaient les laissez-passer. Les alliés
bombardaient la voie ferrée qui était coupée. C'est à pied,
depuis l'Estaque, qu'ALLEGRE venait dans son cabanon.
Monsieur CHIAPPE, un des plus anciens de la calanque, tenait
un bar-restaurant et, avec sa viole, il faisait danser les
jeunes, dont je faisais partie. « Toni » le
pêcheur devait épouser sa fille.
Les trois frères BOYER, le lyonnais, Marius et Boulette,
habitaient « la guitare et la mer ».
ARNAUX, dont le mulet était remisé près du cabanon, livrait
l'eau potable à la demande. Il logeait dans une baraque démontable
de l'armée américaine depuis 1920. Il vivait comme Robinson
Crusoé, de chasse et de pêche.
A la tête de son lit il y avait un râtelier de fusils, en
face, des cannes à pêche et des viviers. Dehors, il y avait
un étal en bois épais, pour débiter le poisson. Gibier? Poisson?
Le menu dépendait du caprice du temps.
COMPANIER vivait de pêche et habitait un cabanon chez les
BOYER. En hiver, il faisait partie des chœurs de l'opéra de
Marseille et dormait sous la scène. Il a eu une triste fin
de vie.
Quand j'étais petit, les anciens nous racontaient plein d'anecdotes.
Par exemple, on racontait que des bateaux venant d'Espagne
avec des oranges, faisaient une halte rapide aux eaux salées
où des ballots de soie étaient débarqués et emmenés clandestinement
à dos de mulet.
Théo ATTANASIO
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