Le compte-rendu de la course

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Dimanche 7 novembre, 9h00

J'arrive dans le village pour prendre possession de mon dossard. Petit point météo : ciel bleu, soleil, 10°C et un mistral à décorner tous les taureaux de Camargue et même toutes les chèvres du Rove, tant qu'on y est !

J'y rencontre quelques amis venus, comme moi, pour participer et se faire "plaisir".

Je prends mon dossard (N°23) et j'essaie de m'échauffer un peu, malgré le courant d'air glacial présent sur la ligne de départ. L'animateur brosse un peu le tableau : 12km350 avec un point culminant à 230m, deux ravitaillements et un épongeage, des commissaires de course un peu partout et une assistance présente sur l'ensemble du parcours.

Monsieur le Maire donne le départ de la course, en face du Tabac-presse : il est 9h30 et nous sommes près de 200 courageux qui ont choisi de se faire mal, dans le froid, sur des chemins de pierre, plutôt que de rester bien sagement au chaud, à la maison, à déguster quelques croissants et autres tartines beurrées, confiturées.

Ca y est c'est parti, la plupart des participants partent très vite, en descendant la rue Frédéric Mistral.

Personnellement je préfère la sagesse et je pars plus lentement : après tout, on n'est pas pressé et de nombreuses difficultés nous attendent sur le parcours. Juste avant la pharmacie, la course tourne à gauche pour prendre la direction du chemin des Besquens. Première montée, légère et bitumée, puis descente pour attaquer les premiers cailloux.

Le vent n'est pas très gênant dans ces sous-bois et en plus on l'a dans le dos. Ces premiers kilomètres sont relativement faciles : plus de descentes que de montées. Après vingt minutes de course, on attaque la première grande difficulté du parcours. Juste après un carrefour (chemin de la Malmejeanne), à côté d'une ruine, le chemin tourne à gauche et commence à monter très régulièrement en direction du vallon de l'escalayolle. Au début ça suit facile et puis ça grimpe de plus en plus et c'est dur !

On atteint la bifurcation : Escayolle, à gauche et Chapelle du Rouet à droite. On prend à gauche et ça monte toujours ! Puis brusquement, au détour d'un virage, on prend le mistral de face et c'est le sommet. Ouf ! un peu de répit : c'est la descente vers le chemin des Oliviers, qui arrive vite et qui annonce la remontée vers l'avenue de l'Escalayolle. Qu'est-ce qu'elle est raide cette côte ! Depuis longtemps les rangs se sont clairsemés et peu de coureurs sont à mes côtés : la plupart sont devant, mais enfin je suis toujours en course et les encouragements ne manquent pas sur le bord de la route, malgré le froid et le vent.

Bifurcation à droite pour monter, en direction de la Redonne, sur le plateau de Graffiane. En face de la route d'accès au lotissement "le Panoramique", on emprunte un chemin qui longe un mur et qui monte vers le premier point de ravitaillement (35-40mn de course). Hélène (Tardy) me donne quelques paroles d'encouragement, un quartier d'orange et un peu d'eau et c'est reparti, après quelques secondes d'arrêt.

Le chemin descend enfin (chemin saint-Antoine)! C'est l'occasion de souffler un peu, tout en faisant attention aux cailloux, car sur ces chemins la vigilance est de rigueur : l'entorse est si vite arrivée ! En bas de la descente, un beau champ bien vert (c'est le puits Saint-Antoine), tiens, les chasseurs ne doivent pas être loin. Et puis c'est le début de "l'escalade" du plateau qui domine Méjean et toute la rade de Marseille, c'est le chemin des Crêtes Panoramiques. Ah c'est joli! Mais il faut le mériter et ça n'en finit plus. Quelques personnes autour de moi commencent à marcher et moi je n'en mène pas large, ma course est tout juste une marche un peu rapide.

Le plus démoralisant c'est quand on lève la tête : on peut apercevoir le chemin qui monte et, là-bas, très loin devant, les coureurs qui me devancent de 10 bonnes minutes.

Bon, ça ne sert plus à rien de courir, je n'avance presque plus. Donc : marchons ! Je me fais dépasser par quelques personnes qui "marchent" plus vite que moi et la fatigue m'empêche presque de profiter du paysage qui est grandiose. Bien qu'habitant à deux pas de là, je ne connaissais pas ce chemin et je me dis qu'il faudra que j'y revienne me balader, plus calmement !

Revenons à la "course", le sommet s'approche enfin et des commissaires nous crient : courage, c'est fini maintenant c'est de la descente ! Je veux bien les croire.

Après 50-55 mn de course, le panneau des 8 km. Un rapide calcul me dit : encore 20-25 mn et c'est l'arrivée. Oh, si ça descend comme cela jusqu'au bout c'est bon ! Le plus dur est passé. C'est le moment de faire un petit bilan : les jambes, Ok, les tendons, Ok, le souffle, Ok, accélérons pour voir, Ok. Bref, cela ne va pas si mal. Au hasard d'un virage je croise un pauvre commissaire de course, complètement frigorifié, avec son drapeau à la main, en train d'indiquer aux derniers concurrents que nous sommes, la route à suivre.

Ca y est, on commence à apercevoir des habitations et le chemin redevient peu à peu bitumé : nous arrivons dans le quartier des Bourgailles, par le vallon de la Violette. C'est maintenant que la moindre côte, le moindre dos d'âne, devient une montagne. Après un encouragement supplémentaire, on retrouve la route du vallon de Graffiane : "on se permet de vous dire bon courage car on connait la course ! me crie une dame sur le bord de la route".

Encore deux kilomètres et c'est fini. Qu'est-ce que c'est bien la descente! Et hop ! bifurcation à gauche par le chemin des gorguettes, puis la boucle est bouclée quand on retrouve le chemin des Besquens. Et voilà, la dernière ligne droite se profile à l'horizon. Ca n'a l'air de rien, mais cette rue F. Mistral est un faux plat qui se sent bien dans les jambes en cette fin de parcours. Mais bientôt je vois les barrières qui concrétisent l'arrivée.

Top chrono : 1h20 et quelques secondes et une place de 178ème sur 184, peut mieux faire mais enfin je suis arrivé au bout sans séquelles et c'est l'essentiel ! La voiture balai ne tarde pas à arriver (un quart d'heure après) et le classement est affiché. C'est la cohue et tout le monde s'agglutine devant les trois morceaux de papier . Je n'arrive pas à voir mon classement mais je note simplement l'adresse du site internet sur lequel les résultats seront publiés le soir même.

Je ne m'éternise pas trop sur la ligne d'arrivée car il fait toujours aussi froid et je n'ai aucune coupe à récupérer !

Voilà, c'est la fin de la course et ce fut une expérience intéressante, malgré le vent, le froid et la difficulté du parcours. Si je suis toujours en forme l'année prochaine, je participerais de nouveau, mais cette fois il faudra quand même que je boucle le parcours en moins de 1h10.

A l'année prochaine pour la 7ème escapade d'Ensuès la Redonne.

 

Si d'autres participants veulent donner leur impression, je me ferais un plaisir d'écrire quelques lignes sur leur expérience.

Je rappelle mon Email : bernard.chappe@free.fr